Depuis quelques jours, les abonnés MTN et Moov Africa Bénin savourent une bouffée d’oxygène numérique. Les deux géants des télécommunications ont revu à la hausse les volumes de leurs forfaits internet, avec des offres particulièrement attractives : « Zo Tché Zé » chez MTN et « Manvo Manvo » chez Moov.
Volumes massifs, options quasi illimitées, tarifs étudiés pour toutes les bourses… Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre surprise et soulagement. Mais au-delà de l’enthousiasme populaire, une question mérite d’être posée : qui pense aujourd’hui à reconnaître le rôle du gouvernement dans cette évolution du marché ?
« Zo Tché Zé » et « Manvo Manvo » : le grand virage des opérateurs
Chez MTN, la nouvelle gamme « Zo Tché Zé » a rapidement conquis les internautes. En composant *123#, les abonnés accèdent à des forfaits aux volumes généreux et à des options pensées pour supprimer le stress du fameux « je n’ai plus de forfait ».
Streaming, appels vidéo, jeux en ligne, réseaux sociaux… L’objectif est clair : permettre aux utilisateurs de profiter pleinement du haut débit sans surveiller chaque mégaoctet consommé.
Du côté de Moov Africa Bénin, l’opération « Manvo Manvo » s’inscrit dans la même dynamique : plus de data, plus de liberté, plus de confort numérique.
Le résultat ? Une vague d’approbation sur Facebook, X (ex-Twitter) et WhatsApp. Beaucoup d’abonnés parlent d’un véritable soulagement, certains allant jusqu’à croire à une plaisanterie tant les volumes annoncés sont importants.
Hier critiqué, aujourd’hui oublié ?
Pourtant, ce climat d’enthousiasme contraste fortement avec les tensions du passé.
On se souvient des vives critiques adressées au ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, lorsqu’il avait annoncé que les utilisateurs des réseaux sociaux pourraient payer un peu plus cher leurs forfaits internet. À l’époque, la décision avait suscité incompréhensions et indignations. Les réseaux sociaux s’étaient enflammés, et le gouvernement avait été pris pour cible.
Aujourd’hui, alors que les volumes augmentent et que les offres deviennent plus avantageuses, le silence est frappant. Très peu évoquent le rôle de l’État dans la régulation et l’orientation du secteur.
Certes, ce sont les opérateurs qui conçoivent et lancent leurs offres commerciales. Mais dans un secteur aussi stratégique que les télécommunications, rien ne se fait sans un cadre réglementaire, sans discussions, sans supervision. L’Autorité de régulation et le gouvernement jouent un rôle clé dans l’équilibre entre intérêts des entreprises et pouvoir d’achat des consommateurs.
Un signal positif pour l’ère WADAGNI qui s’annonce
Dans ce contexte, ces nouvelles offres apparaissent comme un signal fort. Elles traduisent une évolution favorable du marché, une meilleure prise en compte des attentes des consommateurs et une dynamique concurrentielle bénéfique pour les citoyens.
Alors que Romuald Wadagni est aujourd’hui candidat, certains observateurs estiment que ces bonnes nouvelles dans le secteur numérique participent à installer un climat plus apaisé et plus confiant. Après les incompréhensions d’hier, les faits actuels semblent indiquer une amélioration tangible des conditions d’accès à internet au Bénin.
L’ère qui s’annonce pourrait ainsi être marquée par une consolidation des acquis, une poursuite de la modernisation du secteur numérique et un renforcement du pouvoir d’achat digital des populations.
Le numérique, un enjeu stratégique
Au Bénin, la jeunesse est de plus en plus connectée. L’accès à internet n’est plus un luxe, mais un outil de travail, d’apprentissage, de divertissement et d’entrepreneuriat. Toute évolution des tarifs ou des volumes a donc un impact direct sur la vie quotidienne.
Si hier les critiques ont fusé face à une annonce perçue comme une hausse des coûts, aujourd’hui les augmentations de volumes et la générosité des offres méritent aussi d’être analysées avec la même intensité.
Dans un État moderne, la régulation ne vise pas seulement à taxer ou à encadrer, mais aussi à créer un environnement propice à l’investissement, à la concurrence et à l’amélioration des services.
Vers un nouveau rapport entre citoyens et gouvernance
Les offres « Zo Tché Zé » et « Manvo Manvo » ne sont pas seulement des opérations marketing. Elles symbolisent une nouvelle phase dans le marché des télécommunications au Bénin : plus compétitive, plus dynamique et plus attentive aux attentes des usagers.
À l’heure où les débats politiques s’intensifient, ces évolutions pourraient peser dans l’opinion publique. Après les critiques d’hier, les bonnes nouvelles d’aujourd’hui ouvrent un nouveau chapitre.
Reste à savoir si les citoyens sauront reconnaître que, derrière les opérateurs, l’État demeure un acteur central — discret mais déterminant — dans l’équilibre du secteur numérique béninois.





