L’orientation des nouveaux bacheliers constitue une étape déterminante dans le parcours académique et professionnel des jeunes au Bénin. Face aux limites du système actuel, Rodrigue Dèkpènou DJOGBENOU formule une proposition de réforme ambitieuse et particulièrement intéressante, visant à moderniser et humaniser le processus d’affectation dans l’enseignement supérieur.
Un système actuel basé essentiellement sur les notes
Aujourd’hui, l’orientation des bacheliers repose principalement sur :
- L’inscription sur une plateforme nationale avec le choix de trois filières par ordre de préférence ;
- La pondération des notes du baccalauréat selon les matières jugées pertinentes pour chaque filière ;
- Le respect strict des quotas de places disponibles ;
- Un classement et une affectation effectués par l’État lorsque les capacités d’accueil sont limitées.
Ce système présente l’avantage d’assurer une certaine transparence et une régulation des flux. Toutefois, il montre également des limites importantes.
Les faiblesses du dispositif actuel
Selon Rodrigue Dèkpènou DJOGBENOU, plusieurs insuffisances fragilisent l’efficacité du système :
- L’absence de prise en compte des talents naturels et des aptitudes personnelles : l’évaluation repose uniquement sur les performances académiques.
- Un décalage entre aspirations profondes et choix de filières : beaucoup d’étudiants choisissent par défaut ou sous influence.
- Un taux élevé d’échecs universitaires : les erreurs d’orientation entraînent abandons et réorientations tardives.
- Une faible adéquation formation–emploi : lorsque les talents ne sont pas exploités, le potentiel national est sous-utilisé.
Ces constats appellent à une réforme structurelle du système.
Une proposition innovante : intégrer des tests psychotechniques
La réforme proposée introduit un test psychotechnique et de personnalité dans le processus d’orientation.
Les objectifs du test
Ce dispositif permettrait de :
- Identifier les talents naturels (logique, créativité, leadership, communication) ;
- Déceler les aptitudes cognitives (mémoire, raisonnement, résolution de problèmes) ;
- Explorer les centres d’intérêt et passions ;
- Comprendre les valeurs et motivations profondes des apprenants ;
- Produire un profil personnalisé pour guider l’orientation.
Il ne s’agirait donc plus seulement de classer les étudiants selon leurs notes, mais de mieux les connaître pour mieux les orienter.
Des avantages concrets pour les étudiants et le pays
La proposition de Rodrigue Dèkpènou DJOGBENOU est particulièrement intéressante car elle :
- Permet aux bacheliers de mieux se connaître avant de faire un choix décisif ;
- Complète l’évaluation académique par une dimension humaine et psychologique ;
- Réduit les risques d’échec et d’abandon universitaire ;
- Améliore l’adéquation entre formation et marché de l’emploi ;
- Valorise le capital humain au service du développement national.
Cette approche place l’étudiant au centre du système, plutôt que de le considérer uniquement comme un dossier académique.
Des modalités de mise en œuvre réalistes
La réforme prévoit une démarche progressive et structurée :
- Phase pilote dans certains lycées et universités ;
- Élaboration du test en collaboration avec des psychologues, conseillers d’orientation et experts en gestion des talents ;
- Intégration au système existant avec une pondération équilibrée :
- 50 % performances académiques
- 30 % résultats psychotechniques
- 20 % motivation et choix personnels
- Accompagnement personnalisé :
- Conseillers d’orientation pour expliquer les profils ;
- Séances de sensibilisation à l’endroit des parents.
Cette approche graduelle rend la réforme techniquement faisable et socialement acceptable.
Une réforme stratégique pour l’avenir
En conclusion, la proposition de Rodrigue Dèkpènou DJOGBENOU représente une avancée majeure pour le système éducatif béninois. En intégrant les dimensions psychologiques et vocationnelles à l’orientation académique, elle ouvre la voie à :
- Une orientation plus juste et inclusive ;
- Une réduction significative des échecs universitaires ;
- Une meilleure valorisation des talents ;
- Une optimisation durable du capital humain du Bénin.
À l’heure où le développement repose de plus en plus sur la compétence et l’innovation, cette réforme apparaît non seulement pertinente, mais stratégique pour l’avenir de la jeunesse béninoise.
Un appel au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Au regard des enjeux, cette proposition apparaît pertinente et adaptée aux défis actuels du système éducatif béninois.
Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique est ainsi invité à examiner de près cette solution, à engager une réflexion nationale et, pourquoi pas, à initier une expérimentation pilote.
Investir dans une orientation plus précise et plus personnalisée, c’est investir dans la réussite des étudiants, réduire les échecs coûteux et renforcer le capital humain du Bénin.
La réforme proposée par Rodrigue Dèkpènou DJOGBENOU ouvre une piste sérieuse pour moderniser l’orientation universitaire et mieux préparer la jeunesse béninoise aux défis de demain.






