Le compte à rebours semble enclenché. L’arrivée effective, ce lundi, du porte-avions américain USS Abraham Lincoln au Moyen-Orient renforce les craintes d’une intervention militaire imminente des États-Unis contre l’Iran. Téhéran, qui fait face à une contestation interne violemment réprimée, a immédiatement mis en garde Washington contre toute attaque, alors qu’une véritable armada navale américaine est désormais déployée dans la région.
Accompagné du navire d’assaut amphibie USS Kearsarge et du destroyer lance-missiles USS Bainbridge, le USS Abraham Lincoln constitue le cœur d’un puissant groupe d’attaque capable de frapper rapidement des cibles terrestres et stratégiques. Son arrivée marque une étape décisive dans l’escalade militaire en cours.
Une démonstration de force aux airs de menace directe
Annoncé la semaine dernière par le président américain Donald Trump, le déploiement de cette « armada » dans le Golfe visait officiellement à « surveiller de très près » l’Iran. Mais pour de nombreux observateurs, cette concentration exceptionnelle de moyens militaires ne laisse guère de place au doute : les États-Unis se placent en position de frappe immédiate.
« Je préférerais que rien ne se passe, mais nous les surveillons de très près », avait déclaré Donald Trump, une phrase perçue à Téhéran comme un avertissement à peine voilé.
Téhéran redoute une attaque, mais affiche sa résistance
Face à ce déploiement massif, l’Iran a réagi avec fermeté.
« L’arrivée d’un tel navire de guerre ne va pas affecter la détermination de l’Iran à défendre la nation », a déclaré Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, assurant que la République islamique « a confiance en ses propres capacités ».
Un message destiné autant à rassurer la population qu’à dissuader Washington, alors que le pays reste largement coupé d’Internet et que le bilan des récentes manifestations réprimées dans le sang demeure difficile à établir.
Un contexte explosif
Cette montée des tensions intervient moins d’un an après la guerre de douze jours entre l’Iran et Israël, en juin 2025. Ce conflit avait été déclenché par des frappes israéliennes sans précédent contre des installations militaires et nucléaires iraniennes, avec l’appui direct des États-Unis, qui avaient bombardé trois sites nucléaires.
Ce précédent nourrit aujourd’hui la crainte d’un nouveau cycle de violences, potentiellement plus large et plus destructeur.
La guerre psychologique est déjà lancée
À Téhéran, la réponse ne se limite pas aux déclarations officielles. Les autorités ont installé sur une place centrale de la capitale un immense panneau d’affichage montrant un porte-avions américain en train d’être détruit.
Le message, affiché en anglais, est explicite : « Qui sème le vent récolte la tempête ».
Un avertissement symbolique, alors que la présence de l’armada américaine fait planer la menace d’une attaque imminente et plonge la région dans une atmosphère de guerre annoncée.





