Une collaboration entre cybercriminels ivoiriens et béninois vient d’être dévoilée. Un jeune Ivoirien présumé cybercriminel a récemment révélé les relations qu’il entretient avec un réseau de cybercriminels au Bénin. Âgé de 19 ans, il a été interpellé à Bingerville par les agents de la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité en Côte d’Ivoire.
Un mode opératoire révélé en détail
Dans une vidéo publiée par Life TV, le jeune arnaqueur a confié qu’il s’adonne à la sextorsion et a révélé son mode d’emploi. Pour appâter ses victimes, explique-t-il, il use de subterfuges pour obtenir leurs vidéos intimes. « Il y a des vidéos (nudes) qu’on va te montrer et tu vas croire que c’est nous alors c’est une vidéo et toi tu vas te déshabiller », a révélé le jeune homme.
Avant cette étape, le suspect explique qu’ils font d’abord connaissance avec les victimes sur les réseaux sociaux. Ils prennent également leurs contacts pour passer en discussion privée avec elles.
Le jeune raconte qu’ils proposent aux victimes de s’amuser un peu en vidéo. Et dès qu’elles sont favorables, ils profitent pour capturer les parties intimes des victimes. « On positionne le téléphone et on montre des vidéos d’autres personnes aux victimes. Elles pensent que c’est nous et elles aussi se déshabillent. C’est ainsi qu’on enregistre les victimes pour leur faire du chantage », a expliqué le mis en cause.
Un butin de plus de 19 millions FCFA
Le jeune homme a confié avoir ainsi réussi à soutirer plus de 19 millions FCFA à ses victimes, un montant qui témoigne de l’ampleur de ses activités criminelles et du nombre de personnes piégées par ses stratagèmes.
Un réseau transfrontalier structuré
Le jeune arnaqueur ivoirien a avoué appartenir à un réseau d’au moins 20 personnes étendu entre la Côte d’Ivoire et le Bénin qui a réussi à escroquer 216 personnes. Son principal rôle, apprend-on, est d’acheter les cartes SIM des réseaux GSM, puis de créer des comptes WhatsApp qu’il met à disposition des membres du réseau au Bénin. Il leur crée également des comptes Wave qu’ils utilisent pour récupérer l’argent de l’arnaque.
Cette division des tâches illustre le degré d’organisation du réseau, où chaque membre joue un rôle spécifique dans la chaîne criminelle. L’utilisation de comptes Wave pour blanchir l’argent extorqué démontre également la sophistication de ces cybercriminels qui exploitent les services de mobile money pour brouiller les pistes.
Le cerveau du réseau basé au Bénin
Selon le jeune de 19 ans, le cerveau du réseau se trouve au Bénin. Il serait le facilitateur pour l’adhésion des autres membres au réseau, coordonnant probablement les opérations et le recrutement de nouveaux complices.
Cette révélation soulève des questions sur la coopération policière transfrontalière nécessaire pour démanteler l’ensemble du réseau. Les autorités ivoiriennes devront collaborer avec leurs homologues béninois pour identifier et interpeller le chef présumé de cette organisation criminelle.
Un fléau en expansion
Cette affaire illustre l’ampleur inquiétante de la cybercriminalité en Afrique de l’Ouest et la facilité avec laquelle les réseaux criminels opèrent au-delà des frontières. La sextorsion, pratique particulièrement traumatisante pour les victimes, s’est développée avec l’essor des réseaux sociaux et des applications de messagerie.
Les experts appellent à la vigilance face à ce type d’arnaque. Ils recommandent de ne jamais partager de contenus intimes avec des inconnus rencontrés en ligne, aussi convaincants qu’ils puissent paraître. En cas de chantage, il est crucial de ne pas céder et de contacter immédiatement les forces de l’ordre.
L’arrestation de ce jeune Ivoirien de 19 ans représente une avancée dans la lutte contre la cybercriminalité transfrontalière, mais elle rappelle également l’urgence de renforcer la coopération régionale et les campagnes de sensibilisation pour protéger les populations contre ces nouvelles formes de délinquance numérique.






